Parachutisme Sportif Maisons-Laffitte
Parachutisme Sportif Maisons-Laffitte

MON PREMIER SAUT EN PARACHUTE EN…SOLO

 

 

 

Samedi 08h00

 

Au panneau indiquant le centre école parachutiste régional, je tourne à droite. Au bout d’une route à la chaussée dégradée, se dresse un immense hangar. J’identifie quelques voitures porteuses de L’autocollant au parachute et au cheval, insigne du Parachutisme Sportif Maisons-Laffitte,pas d’erreur,

c’est bien le point de rendez  vous pour mon baptême de parachutisme.

 

La préparation

Sous le hangar, je retrouve les visages connus des acteurs de la formation du jeudi soir précédent à Maisons-Laffitte

Mon regard est attiré par un avion noir à ailes hautes, qui semble trop grand pour le hangar qui l’accueille : le Pilatus….

Sans perte de temps, Dominique, le moniteur qui nous a dispensé la formation théorique jeudi dernier avec son Equipe nous rassemble et nous fait répéter la sortie d’avion. Il s’agit, à partir d’une position assise à la porte de l’avion, de se projeter dehors, les bras écartés, le corps cambré, dans le sens de la marche.

L’exercice nous a déjà été présenté, mais le temps dédié à la théorie est révolu. L’avion est bien réel, et il faudra le quitter tout à l’heure, à… 1200 m d’hauteur.

.Plus tard, alors que nous  prenons connaissance de la photographie aérienne du terrain, nous sommes surpris par le bruit sourd du lancement du moteur du Pilatus

. L’odeur du kérosène, le vrombissement de la turbine et le vent de l’hélice me rappellent tout à coup le but de ma présence ici en ce beau samedi matin. La torpeur anesthésiante due au réveil matinal s’estompe instantanément.

L’avion s’éloigne vers le taxiway, pendant que l’on nous appelle au hangar pour nous préparer. Alignés, nous nous retrouvons rapidement avec un casque sur la tête, un altimètre au poignet une radio autour du coup et … un parachute dans le dos. Tout cela se passe rapidement, avec l’assistance professionnelle et sympathique des membres du club.

Je suis touché par la qualité de l’écoute, d’autant plus que nos questions ne sont sans doute pas inédites, la simplicité de l’accueil et l’absence de fanfaronnades : tous nous rappellent qu’ils ont également effectué un jour leur premier saut. Tous affirment s’en souvenir.

Le poids du parachute, une douzaine de kg, me fait prendre conscience que j’ai fait un pas de plus vers le saut.

Mes compagnons ont sans doute des pensées de même nature, à voir les sourires forcés

sur leur visage. J’imagine que moi non plus, je ne dois pas avoir l’air très zen !

Départ vers l’avion

Nous avons été appelés ; Vite ! nous montons dans la camionnette du centre, avec

visiblement plusieurs centaines de milliers de déposes de parachutistes à son actif. Pour faciliter l’embarquement, la porte latérale a été retirée. Pas de siège à l’arrière, on voyage debout

Les événements se précipitent. Le van démarre en trombe et fonce à travers le pré, vers la piste ou nous attendrons l’avion

. On se tient les uns aux autres, secoués par notre rustique véhicule. Les passagers arrière plaisantent au sujet de la porte restée ouverte, en espérant qu’elle n’aura pas la mauvaise idée de se refermer sur leurs jambes . N’est ce pas là la partie la plus dangereuse du voyage ?

Ces péripéties détendent l’atmosphère. Nous sommes à l’affût du moindre prétexte permettant

d’apaiser la tension, qui commence à monter sérieusement. On s’éloigne des hangars, avec le

sentiment d’avoir franchi un point de non retour. Ce n’est pas maintenant que l’on va renoncer. On sa fierté tout de même !

 

 

L’attente

Nous attendons en bord de piste, scrutant l’azur à la recherche de l’avion qui doit nous embarquer. Les hangars vers lesquels est retourné le van sont loin. Alea jacta est !

Un avion s’approche, fait mine de se poser….Mon rythme cardiaque s’accélère.

Fausse Alerte, c’est un avion école dont le pilote s’entraîne à faire des touchers de piste. Mon pouls se calme un peu. Nous nous observons, chacun dissimulant une crispation que l’on sent percer derrière un sourire ou une remarque banale.

Notre moniteur nous fait aligner dans l’ordre inverse de la sortie de l’avion et procéde (encore ne fois)à une vérification de notre harnachement largage et npis dispense les ultimes recomen dation .Etonnante occupation pour un samedi matin ensoleillé, n’est ce pas ?

Nous voyons se poser doucement les parachutistes du largage précédent.

Notre vidéoman  immortalise cette attente. Je commence à imaginer ma tête sur la

vidéo….

La montée

Soudain, notre moniteur nous interpelle : cette fois ci, c’est notre avion. La tension monte encore d’un cran Le Pilatus se pose, roule sur la piste et s’arrête à notre niveau. L’un derrière l’autre, vidéoman en. tête, le moniteur déjà prés de la porte couvrant l’accès aux hélices !!!

A nouveau, l’odeur caractéristique du kérosène, le bruit de la turbine et le souffle de

l’hélice nous entourent. On se tasse sur le banc, on se pousse pour faire entrer tout le monde. Le premier à sauter (cadeau d’anniversaire pour ses 40 ans ! ) s’installe à même le sol, dos à la marche, Dominique monte en dernier, et ferme la porte coulissante. « 3 PASSAGES A 1200 M, JE SAUTE EN DERNIER» annonce t’il au pilote, qui remet aussitôt les gaz.

A nouveau, je reprends conscience de ce qui se passe. L’installation, du fait du rythme de l’action et de la présence bruyante de l’avion, m’a fait oublier ce que je suis venu faire en ce

Beau we: sauter d’un avion en parfait état de marche. Il vient de décoller. Je suis à bord.

Mes téméraires compagnons semblent avoir des réflexions similaires. Nous nous regardons en

souriant, chacun extériorisant plus ou moins une certaine anxiété. L’avion nous tire vers les

hauteurs, avec quelques oscillations de temps à autre. J’ose un œil par les hublots : le sol s’éloigne, et nous nous sommes rapprochés de quelques  faibles nuages paresseux qui trainent encore  dans le soleil qui maintenant brille de mille feux …

quelques instants de poésie sont exceptionnels, fugaces mais d’une intensité inimaginable

.J’abandonne cette contemplation. Une à une, dans l’ordre inverse des largages, le largueur  fie nos SOA* au banc. –  *sangle qui bientôt déclenchera l’ouverture du parachute –

Le Vidéoman, la camera vissée sur le casque zoome en permanence sur chacun de nous, je souris intérieurement, imaginant une nouvelle fois mon visage sur la vidéo.

Regards sur mon l’altimètre, suivis de coups de coude au voisin : l’altitude de largage est proche. Sourires, et tapes dans les mains sont échangés.

 

La sortie

Mon altimètre indique 1200 m… On ne devrait plus tarder. Regards encore un peu plus anxieux à l’intérieur, on se force à se sourire, à échanger des remarques banales pour évacuer le stress.

Dehors, le même spectacle, que j’admire quelques secondes qui semblent éternelles.

Le bruit de l’air me ramène à la réalité, Dominique vient d’entrouvrir la porte de l’appareil.

« SUR AXE ! » annonce-t-il. C’est le signal : nous sommes sur la trajectoire du largage.

« OK COUPEZ ! » annonce t’il quelques secondes plus tard. Nous sommes au point de largage. Il ouvre en grand la porte coulissante du Pilatus.

Dehors, le vide , et le sol qui semble bien loin L’air s’engouffre bruyamment dans la carlingue

L’adrénaline monte encore. Pas question de faire « un refus », on ne se le pardonnerait jamais.

Toujours cette foutue estime de soi, qui vous pousse à faire des c…..

« EN POSITION ! » l’ordre vient de retentir.

Le premier s’installe au bord de l’avion, en position de largage.

« REGARDES MOI … VAS Y ! » Il disparaît de mon champ de vision, laissant place au vide. Le moniteur remonte la SOA. Le même cérémonial se répète à nouveau:

 « EN POSITION !» - le second s’installe en position de saut, à mes pieds.

« REGARDES MOI….VAS Y !» Il disparaît à son tour

La porte est refermée, le niveau sonore diminue considérablement, et l’avion penché sur une aile entame une boucle pour effectuer un second passage.

Par le hublot, en arrière, j’aperçois les parachutes ouverts qui s’éloignent tranquillement.

Je respire lentement, comme si la diminution du volume sonore m’y aidait. Je suis du prochain passage.

On se regarde à nouveau dans la carlingue. Nous avons plus d’espace, mais la disparition de nos 2 premiers compagnons crée comme un vide momentané. Heureusement, à l’extérieur l’horizon est toujours superbe.

Le numéro 3 (3ème) s’installe à mes pieds. Dès qu’il aura quitté l’avion, je devrai me laisser glisser du banc vers le sol, au bord de la porte ouverte, pour sauter. Le tout sans perte de temps. Après tout, peut être vaut il mieux que cela aille vite.

Nous sommes encore 4 élèves dans l’avion. A quoi pensent-ils ? A nouveau, quelques

sourires…J’essaie de respirer lentement. La tension est allée crescendo depuis que l’avion a

démarré sa turbine, par paliers successifs : l’équipement, l’installation dans le minibus, le départ du minibus, l’attente en bord de piste, la fermeture de la porte de l’avion, le décollage,

l’ouverture de la porte et le saut des 2 premiers. A l’image d’une roue dentée stoppée par un cliquet lui permettant de tourner dans un seul sens, chaque palier semble un point de non retour. Je ne me rappelle pas avoir jamais ressenti une émotion aussi intense. Des pensées

contradictoires se bousculent dans mon esprit, théâtre d’une lutte entre la raison qui rassure, et l’instinct qui s affole… Coup d’oeil dehors….

Dominique annonce que c’est pour bientôt. Les 4 élèves que nous sommes se tapent la main, comme s’ils étaient de vieilles connaissances. Les émotions, ca rapproche ! La porte est entrouverte, l’air et le bruit s’engouffrent dans l’avion . Il est trop tard pour se laisser aller à une réflexion sur l’instinct et la raison J’essaie de me concentrer sur le mouvement à effectuer pour sortir dans une bonne position. L’adrénaline monte monte monte

. La porte s’entre ouvre à nouveau..

« SUR AXE ! » « COUPEZ ! » Sous le casque, les paroles du monoteur résonnent dans mon crâne. Il ouvre alors la porte  en grand

EN POSITION !» Mon prédécesseur s’installe au bord « du vide », main droite sur la barre verticale derrière lui, main gauche à même le sol, le torse légèrement penché vers l’avant, le regard rivé vers Dominique. Quelles pensées ont-ils tous les deux ??

 l’un qui fait son premier saut, l’autre qui en compte plusieurs milliers

Une petite voix intérieure me rappelle qu’après lui, ce sera à mon tour !

«  REGARDES MOI VAS Y !»  Il saute….. 

la SOA est ramenée, et Dominique le doigt vers moi commande : « EN POSITION ! »

Je descend du banc vers le sol, au bord de la porte et de cette fichue marche de 1200m de hauteur. C’est haut, mais ce n’est pas le moment de flancher !

Le temps de trouver la position idéale, les sensations se bousculent. Le vent plaque mes jambes contre la carlingue, à l’extérieur. Je teste les appuis, repense à l’impulsion qu’il va falloir donner pour m’affranchir de la pression qui me plaque à l’avion. Je jette un coup d’œil dans dehors……. . C’est très haut !

La tension est à son comble. J’ai conscience que je vais devoir lutter contre mon instinct pour passer la porte, et en même temps, je réalise que ma décision est déjà prise, depuis que j’ai décidé de m’inscrire pour ce saut. Cela met un terme au débat intérieur, libérant dans mon esprit une place pour l’action.

Ces fractions de seconde écoulées, je retrouve le regard de Dominique, toujours aussi calme, qui cherche le mien. Je le fixe.

 «  REGARDES MOI VAS Y ! » Je Pousse fortement du bras gauche, me sens sortir de l’avion, puis …plus rien… !

Sous voile

Je suis ballotté en me retrouve parachute ouvert, avec des torsades…. Je n’ai pas eu conscience de l’ouverture du parachute, qui a du durer 2 secondes, et tout d’un coup, je me prends - homme naïf - à croire au miracle :

 1)    le parachute s’est ouvert : ma raison s’y attendait, mais mon instinct est ignorant en matière de parachutes.

2) Les torsades, je connais, pendant la formation au gymnase, on nous a expliqué qu’il s’agissait d’un incident courant à l’ouverture, et nous avons répété la procédure à suivre. Je suis en terrain connu, et j’effectue la manœuvre apprise durant les cours. C’est efficace !

3) Ca y est, , je vole, me dirige grâce aux commandes… Quelle paix !

« Voile verte tire sur ta droite » m’indique la radio. On me guide vers le terrain …. Tout au long de la descente, c’est la voix de Bernard (je ne le saurais qu’après) qui m’indique le cap.

Comme pour un AIRBUS se posant à Roissy….

Les nuages paressent toujours sous le soleil. L’air siffle légèrement sous la voile. J’ai l’impression de reprendre mon souffle après un effort violent.

Je n’en reviens toujours pas de voler ainsi. ! (Je m’y attendais pourtant, mais la raison a parfois du mal à se faire entendre ! Toujours cette distance entre l’instinct et la raison…) Je m’essaie à quelques virages. Sous mes jambes, je retrouve les points particuliers du terrain que l’on nous a montré sur la photographie aérienne : le terrain, la cible de graviers, les marécages à éviter, les hangars….C’était il y a une heure à peine…. Cela me semble remonter à une éternité, tant l’intensité des événements récents est forte. Je vois évoluer mon prédécesseur.

La vie est belle ! J’aspire l’air à pleins poumons. Je suis sur un petit nuage (désolé pour ce jeu de mot à 2 balles, mais l’expression est adaptée).

Le terrain approche… Toujours la voix de Bernard dans la radio, rassurante, qui m’indique le cap… Je descends, 100 m du sol – face au vent – garder la direction.

Le pré se rapprochant, l’impression de vitesse augmente. Bras hauts… dans la dernière seconde, à 5 mètres du sol, je devrai tirer à fond sur les 2 commandes, pour arrondir.(cabrer)

La voile C’est pour bientôt.. je me prépare. « TOP ARRONDI » annonce la radio, au moment ou j’allais commencer la manœuvre d’arrondi. Je tire à fond sur les commandes et me voici à terre, étonné par la douceur du posé

Je ramasse ma voile. J’ai les jambes en coton, et la poitrine comme gonflée par l’immense bonheur qu’elle ne peut contenir. J’ai envie de hurler « je l’ai fait ! ». Quelles sensations contrastées, incomparablement fortes jusqu’à l’ouverture, si paisibles sous voile.

Retour au hangar, la figure barrée d’un grand sourire. Les visages de mes compagnons déjà posés reflètent le même état d’esprit. Les accompagnateurs des nouveaux baptisés sont là et

sourient, mais peuvent ils imaginer l’expérience que nous venons de Vivre, et l’intensité de ces quelques instants ?

Puis vient l’accueil chaleureux des membres du club qui nous aident à nous défaire de nos

parachutes. On les sent heureux de constater que nous avons apprécié le voyage. Ils nous accueillent avec curiosité ,Alors c’était bien ?, et en même temps de l’air entendu de ceux qui savent…..car comme eux maintenant….je sais aussi….

………………..POURQUOI LES OISEAUX CHANTENT DANS LE CIEL……

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LE TANDEM, accompagné d'un instructeur diplômé d'Etat en parachute bi-place 45 secondes de chute libre à 200 km/h 5 minutes de pilotage.

 

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